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 Présentation de Kyros

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MessageSujet: Présentation de Kyros   Mar 19 Mai - 19:38

Vous.

Vous pouvez m'appeler... Cachou, Cachoutière, Cachou d’aspirine, Cachoucroute, noix de Cachou, (ou Killer Cui Cui pour certain  Cool ) mais SURTOUT Cachou !  I love you
J'ai 17 ans  Razz  (pour l'instant... (ça rime *-*))
Je suis une des Grumelles, et la VRAIE n°2 pour être plus précise Wink
Et que dire d'autre...  I love you

Votre Personnage.

Nom : Lombardi
Prénom : Kyros
Âge : 23 ans
Taille : 1m75
Poids : 58 kg

Caste Choisie : Animas


   L'Anima de Kyros est double. Sous la forme d'une arme, ce sont deux lames jumelles habitées chacune par deux esprits jumeaux, Talhim et Kel'Sar.
   Ensemble, leur pouvoir joue sur les émotions; mais chacun à leur manière :
   Talhim a la capacité de contrôle sur l'excès émotionnel, c'est-à-dire qu'il peut augmenter la dose d'un sentiment positif de toute personne comme l'orgueil, la joie, la colère,  l’espoir ou l'insouciance, etc jusqu'à ce que celle-ci ne la submerge et ne lui fait perdre le contrôle de son esprit.
   Kel'Sar, quant à lui, influence sur les émotions négatives comme la tristesse, la peur, la honte, la dépression ou même la jalousie, etc.
   Ceci permettre donc de modifier la tournure de la situation. De ce fait, Kyros peut profiter de l'état émotionnel soudain de son adversaire pour basculer le combat à son avantage.

   Mais les lames ont aussi un effet sur l'utilisateur. Plus jeune, Kyros avait beaucoup de difficulté à équilibrer les émotions positives et négatives que lui infligeait le port de ces armes. Mais grâce à son ambidextrie, porter les deux lames et donc le mélange des deux émotions lui ont permis de se maintenir à un stade normal. Maintenant qu'il a réussi à maîtriser le pouvoir des deux esprits, Kyros peut dorénavant modifier lui-même son état émotionnel, tout en comptant sur Talhim et Kel'Sar pour l'arrêter si les choses tournent mal.

   Malgré la gémellité de ces esprits, les lames ne se ressemblent pas.  Talhim, qui adore jouer avec les émotions des gens en y abusant, habite une lame légèrement courbée assez courte, animée par une lueur intense et rosâtre, incrustée d’une gemme de la même couleur. Cette couleur chaude correspond bien à sa personnalité qui est plutôt extravertie, grand parleur et souriant, que ce soit de manière amicale, narquoise ou alors en colère. Kel’Sar, qui est tout le contraire de sa moitié, habite une longue lame droite, fine et ornée d’une gemme bleue. Cet aspect raide et franc aux couleurs froides révèle un caractère taciturne, calme et posé  de la part de l’esprit.

Spoiler:
 




Rang : Rang B

Ville ou Village De Naissance : Belanis

Description Physique :
   Victime de ce que l’on pourrait appeler la fatalité génétique, Kyros ressemble beaucoup à sa sœur jumelle, en l’occurrence une fille. Quoique pas complètement puisque sa sœur elle-même peut être prise pour un homme. De ce fait, Kyros n’est ni virile, ni efféminé ; il est ce qu’il y a de plus normal. Du haut de ses un mètre soixante-quinze, il a une taille normale, ni trop grande, ni trop petite pour cinquante-huit kilos. Il choisit également la simplicité pour sa tenue vestimentaire : veste, pantalon, bottes et ceinture, le tout généralement noir pour mieux se fondre dans le décor; ce qui fait de ce personnage quelqu’un de (encore une fois) normale ; tout ce que Kyros a besoin d’être. Très modeste et n’aimant pas être au-devant de la scène, il préfère rester le plus discret et le plus simple possible.
   Jeune homme de vingt-trois ans, Kyros a des yeux bleus dont le regard, qu’il garde constamment grand ouvert, montre une grande curiosité et admiration envers le monde et les gens. Il garde également un sourire aux lèvres pour pouvoir mettre son entourage à l'aise, en particulier ceux contraint de le fréquenter. Quant à ses cheveux noirs qu’il laisse pousser, ce n’est pas pour se donner un certain style, mais seulement pour imiter sa sœur à qui il aimerait ressembler. Il est également gaucher de nature, mais, toujours pour imiter sa moitié qui elle est droitière, Kyros s’est éduqué seul pour le devenir également, faisant de lui plus tard quelqu’un d’ambidextre.

Description Psychologique :
   C’est depuis la cérémonie rituelle que le Kyros d’aujourd’hui s’est forgé. En effet, il prit lui-même la décision d’y participer à l’âge de six, malgré l’interdiction de ses parents qui savaient que leur fils n’avait pas encore conscience de cette chose qu’était la mort. C’est en voyant d’autres enfants de son âge  y perdre la vie qu’il réalisera son inconscience. Depuis ce jour, une sorte de dualité est née en lui ; indécis, il a perdu toute confiance en ses propres choix, ne sachant que faire entre agir par lui-même, même si cela s’avérait être la meilleure solution, ou écouter les conseils des autres, comme lorsqu’il aurait dû écouter l’interdiction de ses parents s’il n’avait pas eu la chance de survivre au rituel. Par ailleurs, il est convaincu que c’est cette chance qui lui a souri ce jour-là et non le destin qui en avait décidé. De plus, il n’oublia pas tous ces enfants qu’il a vu périr et a développé un besoin de les protéger, lui qui a pu devenir un Anima contrairement à eux. Mais son protectionnisme ne s’arrête pas aux enfants ; altruiste de nature, il tient à maintenir toute vie existante, ayant lui-même vécu un instant où il faillit perdre la sienne. Mais paradoxalement, il sait que son destin en tant qu’Anima le conduira sur le champ de bataille et peut-être même la mort.
   Mais bien qu’il ait été traumatisé durant son enfance, il ne laisse pas sa mélancolie prendre le dessus, car Kyros est quelqu’un de positif et il compte le rester toute sa vie. C’est aussi quelqu’un qui mise beaucoup sur la chance, et qu’elle soit bonne ou mauvaise, peu importe puisque ce qui compte, c’est de bien la prendre et voir le bon côté de la situation.


Test RP imposé :
  Aucun cauchemar ne pouvait rivaliser avec celui-ci. Malheureusement pour Kyros, ce n’en était pas un.

  En sortant du lieu de la cérémonie rituelle, le garçon, alors âgé de six ans, n’avait de vu que sur des parents en larmes. Il baissa la tête en croisant le regard de certains, sachant les raisons de leur chagrin. Lui-même commençait à sentir ses yeux s’humidifier. Il se mordit les lèvres en repensant à ce qu’il venait de vivre.
 
  Tous ces enfants, certains en larmes qui réclamaient leurs parents adorés, d’autres confiants, plein d’orgueil, comme lui l’était. Mais tout ceci s’écroula lorsqu’il vit la première victime échouer au rituel. Tous c’étaient tus et observaient dans un silence de mort un homme traverser la pièce en transportant quelque chose.
 
Un autre apparu brusquement en faisant claquer les portes contre les murs. Presque aussi choqué que l’étaient les enfants, il cria à son collègue l’erreur grave qu’il venait de commettre.

  « Abruti ! Ne le montre pas aux enfants ! »

  Et dans son empressement, il en bouscula un qui se mit à pleurer.  Devant son collègue, il scruta quelques secondes ce que celui-ci portait dans ses bras ; une masse recouverte d’un drap blanc qui cachait ce que les enfants ne devaient pas voir et sans tarder, entraîna le fautif hors de la pièce. Mais espérait-il encore réparer ce qui avait été fait ? Ils avaient maintenant tous compris. Tous compris qu’ils n’étaient plus que des enfants morts.

  Ceux qui étaient déjà inquiets fondirent en larmes, faisaient éclater tout ce qu’ils avaient contenu en eux depuis le commencement de la journée. Quant aux plus téméraires, ils n’étaient plus que des statues, pétrifiés par la vision réelle du danger que ce rituel représentait.

  Quelques-uns accoururent vers la sortie. On leur ouvrit la porte.

  Que faisaient donc ceux qui restèrent sur place ? Que se passait-il à ce moment-là dans leur tête ?

  A deux doigt d’y renoncer mais trop horrifié pour ordonner à son corps de bouger, Kyros ne pouvait plus que compter sur la chance de réussir et non sur sa volonté qu’il venait à l’instant de perdre.

  Peut-être aurait-il dû écouter ses parents.

  Kyros faisait partie de ces enfants qui avaient tous le même rêve : devenir quelqu’un de grand. Mais naïf et inconscient, il ignora ses parents qui avaient tenté de lui faire comprendre que faire la cérémonie rituelle pourrait le conduire à la mort ; chose que le garçon n’avait pas encore décidé de comprendre.

  A présent, il le regrettait. Il avait fini par comprendre. Pourtant, il avait survécu, il avait réussi. Mais pourquoi n’avait-il toujours pas l’esprit tranquille ?

  Il quitta vite les lieux pour ne plus à supporter tous ces regards meurtris en serrant contre lui deux épées, les deux Animas qui venaient de se lier à lui pour l’éternité.

**********

  Les parents de Kyros n’accueillirent pas leur fils comme ce dernier l’aurait souhaité. Au lieu de l’embrasser et de remercier les Dieux d’avoir voulu qu’il vive encore, ceux-ci le regardèrent avec tristesse ; ce qui ne fit qu’augmenter le remord du garçon du fait qu’il ait faillit frôler la mort et qu’il rendit, dans les deux cas, ses parents malheureux. Sa sœur jumelle également, à qui il aimerait parfois se confier mais que la honte ne cesse de lui coudre la bouche.

  Ses seuls confidents devinrent donc ses  Animas, Talhim et Kel’Sar.

  Cependant, la différence de personnalité de ses deux esprits, ainsi que leur pouvoir sur le contrôle des émotions ne tarda pas à atteindre gravement Kyros. Il eût plusieurs sauts d’humeurs, incapable de faire usage des deux séparément. Inquiets que cela ne touche psychologiquement leur fils, les parents du jeune garçon, au bout de deux ans d’espérance, décidèrent malgré eux de le confier à quelqu’un qui serait capable de le stabiliser.

  A une époque où l’insouciance et l’ignorance dominaient encore, Kyros se serait senti comme quelqu’un sur le point de faire un pas chez les grands lorsqu’on lui annonça qu’il allait être confié à un mentor. Désormais, il avait peur de devoir quitter ses parents, sa jumelle. Peur de ne plus pouvoir dépendre de leurs conseils qui ne souhaitaient que son bien.


**********
  Neuf ans plus tard…

  Le mentor qu’avait bénéficié Kyros était une femme qui avait dépassé la quarantaine. Du nom d’Elwë, elle fut choisi pour sa dureté psychologique, son mental de plomb. Sacrée femme qui a toujours su rester maître d'elle-même, elle s’était soudainement retrouvée avec un petit protégé qui ne connaissait rien sur la maîtrise de son pouvoir et qui, à son contraire, n’était pas maître de son esprit instable. Elle qui ne fut par ailleurs pas une Anima, elle accepta de jouer au professeur à condition qu’elle soit récompensé après cette blague qui pourrait durer plusieurs années. En effet, malgré neuf ans passés ensemble, ils en sont encore au stade Maître/élève.



  Elwë habitait une maison à la campagne,  pas loin de la ville de Karassan. Entouré d’une plaine verdoyante, seule une grande route qui menait à la ville montrait que ce terrain n’était pas perdu au milieu de nulle part. Une clôture en bois encadrait la maison qui comportait deux étages et une modeste terrasse parsemée de graviers.

  Sur la route, Elwë revenait de la ville où elle était allée faire quelques courses. Ses deux bras chargés de gros sacs, elle marchait en chancelant selon le poids qui l’emportait et enfonçait avec force ses pieds au sol à chaque pas qu’elle faisait. En plus de la chaleur qui faisait perler de la sueur sur son front, elle avait plus que hâte de poser cette charge et de se jeter sur son fauteuil.
 
  Kyros entendit son mentor arriver grâce au bruit de pas sur le gravier. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre et vit Elwë claquer la barrière de la clôture avec son pied. Même à la vue de son humeur furieuse au visage, Il quitta tout de même la chaise où il était tranquillement en train de paresser et se dirigea vers la porte, désireux de la soulager de sa charge.

  Une fois dehors, il accourut vers son mentor et s’apprêta à lui prendre un sac mais elle s’en servit plutôt pour l’éloigner tout en prononçant ces mots que sa voix prononça avec fatigue mais aussi avec froideur :

  « Arrête de traîner dans mes pattes, toi…! »

  Cette phrase stoppa net Kyros qui laissa Elwë continuer jusqu’à la maison, toujours avec ses deux sacs en main. Et lorsque celle-ci referma la porte après avoir posé les charges au sol, une moue anxieuse déforma le visage du jeune homme. Il s’attendait parfaitement à se faire rejeter. Cette femme avait le don d’envoyer balader les gens dès qu’elle était de mauvaise humeur. Pourtant, il a la sensation d’avoir laissé passer quelque chose. Il se mit à repenser à la fatigue d’Elwë et commença à regretter de s’être laissé intimider par sa remarque et de ne pas avoir insisté pour l’aider.


  Kyros s’éclipsa dans sa chambre en évitant de croiser le chemin de son mentor. Il craignait que celle-ci ne fasse de commentaire sur ce qui s’était passé au sujet des sacs de course.

  Une fois dans sa chambre, il poussa un long soupir, dos contre la porte qu’il venait de refermer.

  Il songea au comportement d’Elwë. Dans ses souvenirs datant de leurs premières années ensemble, cette femme lui paraissait gentille, drôle et avec un sacré caractère qui lui redonnait le moral. A présent, elle lui paraissait froide, grincheuse, irritable et totalement indifférente à l’égard de son élève. Pourquoi ce changement soudain ?

  Kyros pensa quelques instants à Kel’Sar, son anima capable de contrôler les émotions négatifs dont la colère. Peut-être était-il la cause de la Elwë actuelle ?

  « Certes, j’ai cette capacité. Mais il me faut la volonté d’un maître, en l’occurrence toi, pour pouvoir faire usage de ce pouvoir sur cette femme. »

  Sur une table où était déposées deux épées, celle qui possédait une pierre bleue se mit à briller au moment où l’esprit l’habitant, Kel’Sar, se mit à communiquer avec le jeune homme. Celui-ci quitta la porte pour aller s’asseoir sur une chaise et, par habitude, lui répondit à haute voix :

  « Je le sais très bien. Mais à force, je ne sais plus quoi penser pour trouver une explication au comportement d’Elwë. »

  «Peut-être qu’elle a toujours été comme ça mais que tu ne t’en rappelle pas ? »

  La pierre rosâtre sur la seconde lame se mit à briller à son tour. Talhim venait de s’incruster dans la conversation.

  « Non, elle n’était pas comme ça. J’ai encore le souvenir d’une Elwë souriante quand j’avais huit ou neuf ans… Elle disait même que j’étais mignon à cet âge… »

  Un rictus amer apparut aux lèvres de Kyros. Cette pensée qui lui parut complètement illogique à présent n’eût pour effet que d’installer le doute en lui. L’image qu’il avait d’elle était celle d’une femme aigrie, pas d’une sorte de mère qui lui dirait qu’il était mignon.

  Il se laissa davantage retomber sur sa chaise, glissant sur son dos jusqu’à ce que son menton ne touche sa poitrine.

  « Est-ce que ces années où je la voyais souriante ont existé au moins… ? »

  « C’est bien ce que je dis ! Elle a toujours été méchante avec toi et tu ne t’en rappelle plus parce que tu étais encore petit. »

  « Dans ce cas, laisse-moi continuer de rêver et d’espérer. »

  « Et espérer quoi ? Tu es trop naïf, mon gars. Tu continues de croire que les gens sont tous gentils autour de toi et pourtant, Elwë te prouve le contraire. Elle est méchante, grincheuse, désagréable, irascible …. »
 
  Kyros balança la couverture de son lit sur l’épée bavarde tout en souhaitant qu’elle se taise à jamais.

  « Comment ça « me taire à jamais » ? Je n’ai pas envie de me taire à jamais ! »

  « Arrête de lire dans mes pensées ! »

  Kyros cria ses mots haut et fort, toujours sans se soucier qu’il était le seul humain à l’entendre dans cette maison. Il entendit ensuite une voix étouffée qui venait d’en bas, dans le salon précisément. C’était Elwë qui lui avait grogné quelque chose qui signifiait « arrête de parler tout seul ! » bien qu’elle savait le lien télépathique entre son protégé et ses Animas.

  Talhim ne répondait plus rien. Sûrement s’était-il senti offusqué par les paroles d’Elwë qui prétendait que Kyros ne parlait à personne. Le jeune homme profita donc de ce nouveau calme pour s’allonger sur son lit et ne penser à rien.

  « Tu as oublié ta couverture sur la table. »

  Talhim revenait le narguer. Il s’était vite remis de la remarque d’Elwë. Ou alors n’en avait-il rien à faire ?

  Kyros aimait bien discuter avec lui. Il ne s’ennuyait jamais lors de leur conversation ; il y avait toujours quelque chose à dire. Mais c’était là le problème. Cet esprit voulait toujours avoir le dernier mot, que ce soit avec son jumeau ou son maître. Celui-ci d’ailleurs, en ressortait toujours énervé, à bout de nerf.

  Kyros se leva de son lit, saisi l’épée posée sur la table et, comme pour fixer une personne droit dans les yeux, il se contenta de fixer la pierre rosâtre après s’être rappelé que cette arme n’en avait pas. Il resta un long moment comme ça tout en s’imaginant envoyer des éclairs sur Talhim. Mais soudain, il sentit une chaleur monter en lui. Une forte chaleur intérieure qui s’intensifiait de plus en plus à mesure qu’il fixait la pierre. Kyros vit le coup venir trop tard. Talhim était en train d’augmenter son niveau d’agressivité pour son bon plaisir et voir son maître sortir des gongs. Dans son for intérieur, Kyros criait à l’aide, suppliait  n’importe quel dieu de le sortir de là ou de l’aider à se contrôler. C’était lui le maître, pas Talhim ! Ce n’était pas à lui de se faire manipuler par cette épée ! Cette simple pensée suffisait à le faire enrager davantage mais il tenta de la maitriser pour ne pas aggraver son cas. Mais cette illusion ne permettait pas de stopper l’influence qu’exerçait Talhim sur lui. Il n’allait bientôt plus pouvoir se contrôler.

  Mais avant que Kyros n’ait eu le temps de se laisser totalement submerger par la colère et de frapper Talhim sur la table, il senti la tension descendre jusqu’à ce que l’atmosphère redevenir normale. Son état émotionnel s’était calmé, stabiliser. La colère n’avait pas débordé.

  « Wouaw…  Qu’est-ce que c’est pass… »

  Il s’écroula soudainement au sol, à quatre pattes, la tête basse.

  « Ca y est … J-j’ai… sniff… compris… C’est… Kel’Sar qui est venu à mon secours… Ce n’est pas moi… qui ai réussi à reprendre le contrôle de moi-même seul… sniff…  Je… Je suis un incapable… houhou… »

  « Pourquoi tu te mets à pleurer pour ça tout d’un coup ? »

  « C’est de ta faute. Lorsque tu exerçais ton pouvoir sur lui, j’avais insufflé du désespoir pour le stabiliser. Mais puisque tu viens d’arrêter, c’est cette émotion qui le dominer. »

  « Comment t’as fait ? Il ne t’a pas touché. »

  « Il a juste crié à l’aide dans sa tête. J’ai jugé que c’était mon top départ pour intervenir. »

  « Pourquoi ça n’a jamais marché avec moi…? »

   Les deux esprits regardèrent leur maître lourdement enfoncé sur le sol. Il semblait avoir les maux de tout l’univers entier sur les épaules. Talhim réalisa à quel point son frère pouvait avoir un pouvoir terrifiant quand on en était la victime.

  « Laisse-le un moment comme ça. C’est marrant. »

  Kyros se releva brusquement, toujours l’épée rouge dans la main, et la claque définitivement sur la table, outré par ce que venait de dire son Anima. Cependant, il n’avait pas anticipé que la lame, plus solide que le meuble en bois, allait trancher cette dernière et la diviser en deux morceaux. De plus, tout ceci ne se passa pas sans bruit mais dans un boucan infernal qui alerta Elwë et que Kyros pouvait entendre monter les escaliers en alerte, claquant les semelles de ses chaussures sur chaque marche avec force. Le jeune homme se mit à paniquer lorsqu’il se mit imaginer la réaction de son mentor qui n’allait pas tolérer cet accident. Il craignait  ces moments depuis qu’elle avait cessé d’être attentionnée envers lui ; il savait déjà qu’elle allait se mettre dans une rage folle.

  Elwë mit pied dans la chambre de son protégé après avoir fait claquer la porte en l’ouvrant dans la volée. Elle eût ensuite une vue imprenable sur une table joliment coupée en deux qui avait tout de même laissé trainer quelques copeaux de bois sur le côté.

  Après être restée trente secondes à fixer la… ou plutôt les tables, Elwë tourna vivement son regard noir sur le coupable. Elle prit également soin de lui couper la parole tout comme il lui a coupé sa table.

  « Regarde ce que tu as fait ! Tu sais combien cette table m’a coûté ?! Je ne suis pas là pour perdre de l’argent avec tes bêtises ! »

  Kyros n’osait pas la regarder dans les yeux. Mais le sentiment qu’il avait lors des moments où ses aînés lui passaient verbalement un savon n’était pas la peur, plutôt de la fatigue. Il savait pertinemment que ce genre de bêtise qui touchait aux biens matériels ne se résultait qu’à de l’argent gaspillé ; c’était ce que lui répétait souvent sa mère. Ce que venait de lui dire Elwë lui fit rappeler sa véritable maison, où sa vraie et unique famille s’y trouvait. La fatigue et l’agacement se dissipèrent, laissant place à la nostalgie. Il oublia complètement qu’il était en train de se faire sévèrement crier dessus par son mentor ; mais c’est justement ça qui le rendit triste.

  Mais Elwë n’interpréta pas la même chose que lui. Elle le crut complètement indifférent face à sa colère.

  « Puisque tu le prends comme ça, ne compte pas sur moi pour te nourrir ce soir. Ca permettra de rembourser la table. »

  Et sur ce, elle partit sans fermer la porte derrière elle.

  Après que la tempête soit partie, Kyros alla lentement refermer la porte. Il resta ensuite devant celle-ci sans bouger. Kel'Sar sentit une émotion étrange en lui.

  « A quoi tu penses ? »

  « ... »

  « Juste... rentrer à la maison... »

**********

  La nuit était fraîche dehors, à la campagne. Le ciel nocturne dégagé laissait paraître des milliers d'étoiles qui n'étaient pas masquées par les lumières des cités. La lumière de la lune non plus ne dominait pas sur ces petites lucioles célestes car elle était absente cette nuit-là.

  La barrière de la clôture en bois ouverte, Kyros se tenait à l’extrémité du terrain granuleux, juste en face de l'unique chemin qui passait par cette maison. La tête levée, le jeune homme observait le ciel.

  « La lune n'est même pas présente pour éclairer mon chemin. »

  « Ne compte pas sur la lune. Suis ton propre chemin. »

  Kyros ne portait aucun bagage sur lui. Seules ses deux épées reposaient dans leur fourreau, accroché à la ceinture.

  « Suivre mon propre chemin ?... Ce n'est pas toi qui m'avais conseillé de ne pas fuguer ce matin ? »

  « Si, mais tu as préféré écouter Talhim. Alors maintenant, j’essaie juste de te dire de suivre ton propre chemin. »

  « Qu'est-ce que tu insinues... »

  « Ce n’est pas le moment de l'enquiquiner, Kel'Sar ! Allez, Kyros ! C'est le moment rêvé ! Toutes ces fois où tu avais hésité à fuguer, là, tu approches du but ! »


  « Mais Elwë risque de s'inquiéter... Tu es quand même sous sa responsabilité... »

  Kyros eût un sourire. Mais un sourire amer. Depuis quand était-il toujours sous sa responsabilité depuis qu'elle l'avait abandonnée en le rejetant ? En cessant de penser à lui, à son bien-être ainsi qu'à ses sentiments ? Il avait même oublié pourquoi il avait été confié à elle.


  « Je pars, Elwë. J'en ai marre de me sentir seul, abandonné. Si rester avec toi signifie passer mes journées à me faire crier dessus, ma mère peut le faire. Elle, au moins, aura certainement de meilleures raisons que tes sautes d'humeurs. J'en ai assez de ces jours sombres où à chaque fois, toi et moi sommes étouffés par l'atmosphère tendue lorsque nous nous retrouvons face à face ou dans la même pièce. Tu vivras probablement mieux sans moi traînant dans tes pattes. Et moi aussi d'ailleurs. J'espère ne jamais avoir à revivre ces neuf années passées avec toi. »

  « Arrête de parler tout seul et prend ton envole ! »

  « La ferme ! »

  Comme sortie d'une stupeur et irrité par Talhim qui lui fit réaliser le ridicule de cette scène et la honte d’avoir en effet parlé seul, Kyros le sortit  de son fourreau et s'apprêta à le cogner contre une grosse pierre qui reposait pas loin de la barrière. Mais il s'arrêta après s'être rappelé de sa dernière tentative de vouloir le faire taire; même si la pierre était probablement plus solide que la table en bois et que si elle était tranché, Elwë ne pourrait pas lui dire que cette pierre lui avait coûté chère.

  Après avoir jeté un bref coup d’œil à la fenêtre de la chambre d'Elwë pour s'assurer qu'elle ne l'observait pas, il se tourna vers Talhim qui tenait toujours dans sa main.

  « Je décide de fuguer ce soir, non pas parce que tu m'y as encouragé mais parce que je l'ai décidé moi-même. »

  Et sur ce, il rangea l'arme dans son fourreau.

  Il était maintenant temps d'y aller. Le vent se leva et souffla dans son dos, l'invitant à faire le premier pas sur la route. Il se voyait déjà avec sa sœur, se racontant leurs neuf années vécues séparément. Il l'avait peut-être déjà revu il y a trois mois, lorsqu'il était de passage à Belanis, mais il avait hâte de voir comment elle avait grandi, de pouvoir admirer ses prouesses. Il était également impatient de retrouver ses parents. De ressentir de nouveau leur amour envers lui à travers leurs justes conseils, d'être aidé par eux... guidé...

  Kyros s'arrêta. Il observa la route sombre et silencieuse qu’aucune lumière aux alentours n’éclairait. Pas le moindre signe de vie. Personne. Il se retourna et vit la lanterne qu’accrochait chaque soir Elwë sur un crochet inclus dans le mur à côté de la porte.

  Il repensa à elle.

  Talhim cessa de s’enthousiasmer à propos de cette prise de liberté qu'il attendait tant. Il eût le pressentiment que Kyros allait faire ce qu'il redoutait. Hélas pour lui, il avait vu juste lorsque le jeune homme referma la barrière devant lui.

Sachant que Talhim allait sortir une remarque qui allait contester sa nouvelle décision, Kyros prit la peine de lui répondre avant même de savoir ce qu'il allait dire exactement.

  « Désolé, Talhim. Je ne peux pas prendre cette décision sans savoir ce qui pourrait se passer par la suite. Je ne veux pas qu'Elwë soit responsable s'il m'arrivait quelque chose. »

  Il s’imagina ensuite une dernière fois rentrer chez lui avant de se diriger vers la lumière de la lanterne.  Talhim ne répondit rien. Kyros préférait laisser passer le bien des autres avant le tien et pour le bien d’Elwë, il préférait renoncer à une vie meilleure.

  Mais Kel'Sar ne voyait pas les choses de la même façon. Il savait que Kyros ne s'était tout simplement pas encore émancipé de son mentor.


   Alors que Kyros était en train de retraverser le terrain pour rentrer à l’intérieur tout en essayant de faire le moins de bruit possible sur le gravier, le rideau d’une des fenêtres à l’étage était légèrement ramené vers le milieu ; un regard suivait le jeune homme.

**********

   Quelqu’un vînt brutalement tirer la couverture qui recouvrait Kyros, l’arrachant ainsi de son sommeil. Tout habillé, il n’avait plus eu le courage de se changer après sa très courte excursion nocturne.  Il se redressa brusquement mais senti sa vision se brouiller suite au choc de ce réveil déroutant. Mais il revînt rapidement à lui lorsqu’Elwë l’attrapa par le col de sa veste.

  « Ne prend pas cet air surpris ! Je t’ai vu hier soir ! »

  Kyros prit du temps avant de comprendre de quoi elle parlait, de ce qui pouvait bien la rendre furieuse. OK, il avait essayé de fuguer. Mais il ne l’avait pas fait alors pourquoi lui criait-elle dessus avec plus de violence que d’habitude ? Il voulut retirer la main qui le tenait fermement par le vêtement mais dès que la sienne eût été en contact avec celle d’Elwë, il la retira vivement, ne se sentant pas digne de riposter, honteux de la situation dans laquelle il s’était mis. Il voulut également baisser les yeux, n'osant plus la regarder en face, mais dans le trajet, son regard se posa sur Talhim qui s’était mis à briller, signe de sa manifestation. Kyros comprit tout de suite le message. Il avait décidé de ne pas la quitter pour elle et il n’eût en retour que sa rage, comme toutes les autres fois où il avait essayé de l'aider en voulant faire une bonne action. Peut-être était-il temps de mettre les choses aux clairs. Après sa tentative de fugue et réaliser à quel point il tenait à un mentor pareil, il senti, pour la premier fois, le besoin de lui crier tout ce qu'il avait sur le cœur.

  « Si j'ai essayé de m'enfuir, c'est tout simplement à cause de toi ! Je suis d'accord pour que tu t'énerves et me cries dessus quand je fais une bêtise mais pas quand j'essaie de t'aider !  Si tu étais restée la Elwë souriante, douce et attentionnée comme autre fois, peut-être que je n'aurais jamais eu cette stupide idée en tête ! Mais cette Elwë n'existe plus et celle qui se tient à présent devant moi m'a abandonné ! J'en ai marre de me sentir rejeter, de me sentir seul ! J'ai voulu m'enfuir, j'aurais pu. Et pourtant non. Je suis resté en continuant à croire que tu finiras un jour par me reconnaître... »

  Il se sentit presque honteux de devoir avouer tout cela d'un trait. Il n'avait pas pour habitude de beaucoup parler de lui. Mais il avait un besoin urgent de souffler, de se révolter, d'exploser. Il se fichait à présent de la réaction qu'aura Elwë face à ça. De la colère sûrement. Mais les choses ont été dites; aucun des deux ne pouvait reculer.

  Sans lâcher Kyros, Elwë tourna la tête et vit tout particulièrement Talhim qui était adossé contre le mur. Elle cernait le genre d'esprit qu'il pouvait être malgré le fait qu'elle n'est jamais pu communiquer avec lui et en neuf ans, elle s'était suffisamment documentée sur les Animas pour avoir compris qu'un certain message télépathique c'était fait entre l'esprit et son maître à ce moment-là. Elle sera davantage le poing.

  « Je rêve... Tu n'es même pas capable de te révolter sans que quelqu'un ne te le demande ?! Laisse-moi à mon tour te dire ce que je pense de toi. J'avais accepté de prendre en charge un enfant  instable et de l'aider à être en paix avec lui-même. Le problème, c'est que ce gosse n'est même pas fichu de se débrouiller seul et de prendre ses propres décisions ! Ce n'est pas en me suivant sans cesse que tu apprendras à penser par toi-même ! »

  « Je… sais que j’ai peut-être tendance à trop dépendre des autres mais… »

  « Mais tu ne te rends pas compte que c’est devenu une habitude chez toi ! Tu ne dépends pas que des autres mais tu te laisses complètement influencer par eux ! Tu te laisses même contrôler par les autres et en particulier par tes deux Animas ! »

  Elle finit cette phrase en pointant un doigt très aiguisé sur les deux lames tout en continuant à foudroyer Kyros, voulant bien lui faire comprendre que c’est lui seul le responsable de son état. Celui-ci d’ailleurs avait conscience de tout cela ; mais qu’on le lui rappelle de manière aussi violente lui fit quand même un choc au niveau de la poitrine. De plus, le fait qu’Elwë inclue également Talhim et Kel’Sar le troubla davantage. Il ne voulait pas croire qu’il se laissait inconsciemment manipulé par ces deux-là à force de suivre leurs conseils plutôt que de penser par lui-même. Il essaya de réfléchir, de chercher des instants dans sa vie où c'était lui seul qui était maître de son destin. Mais il n'avait que les paroles d'Elwë en tête, des paroles qui l'avaient blessés, qui l'avaient dégoûtés de lui-même.

   Il réalisa à quel point il n’était qu’un idiot, un enfant qui avait encore besoin qu’on lui prenne la main. Pourtant, il était grand maintenant, il était en âge de penser seul. Mais…

  * Je sais que je dois arrêter de compter sur les autres mais je n’y arrive pas.  J’ai… peur de faire… non, de refaire encore des erreurs… Je ne peux plus faire confiance en mes choix… en moi-même depuis… *

   Il avait un manque terrible de confiance en lui ; depuis toujours. Depuis cette fameuse cérémonie rituelle. Il avait beau refouler le souvenir de cet événement qui le traumatisa à jamais mais son âme lui-même gardait encore et toujours des séquelles du passé. Même son comportement et ses manières ne faisaient que lui rappeler la personne qu’il est devenu : une personne qui ne se faisait pas confiance, qui se rejetait, qui se détestait au point qu’il finit par croire qu’il n’allait jamais s’en sortir dans sa vie.

   Kel’Sar savait ce que son jeune maître ressentait à l’instant. Non pas à l’expression torturée que montrait son visage, mais à l’intérieur même de son âme qui semblait plus instable que d’habitude, plus fragile. Le vase que Kyros essayait de contenir depuis toutes ses années était sur le point de déborder, de se briser et l’esprit craignait la venue de la dernière goutte qui pourrait lui être fatale.

  « Kyros... Essaie de te calmer. Tu ne crois plus en toi à cause d’un mauvais choix fait il y a longtemps. Le destin a voulu que tu découvres la mort en la frôlant lors de la cérémonie. Maintenant, tu as peur de toi-même à cause de ce que tu as vu et vécu. Mais le passé ne peut être changé, il faut continuer à vivre ainsi…  »

   Mais Kel’Sar ne se doutait pas quand tant qu’esprit des émotions négatives, lui-même n’était en aucun cas quelqu’un de positif et enfonçait accidentellement le clou avec son aura et ses paroles sans s’en rendre compte. Il se tut instantanément tout en souhaitant ne pas avoir aggravé son cas.

   Une larme déborda de son œil et coula le long de sa joue. Honteux d’être aussi faible, Kyros ferma les yeux et voulut détourner le regard, désireux de se perdre dans le néant, mais Elwë le secoua en le forçant à la regarder droit dans les yeux.

  « Regarde-moi en face quand je te parle et arrête de pleurnicher, tu me fais honte !»

    « C’est cette femme qui devrait nous faire honte ! Comment peut-elle se comporter de la sorte avec toi ?! Si je le pouvais, je lui mettrai la raclée ! »

   La voix de Talhim résonnait fortement dans la tête de Kyros. Il entendait très clairement de l’indignation vis-à-vis du comportement d’Elwë envers de lui. Cette esprit aimait peut-être se moquer de lui mais ne supportait pas que son maître se fasse maltraiter de la sorte. Il sentait de la colère en l’Anima, une colère dont il était tenté de se laisser prendre.

  « Si je te fais honte, pourquoi tu ne te débarrasses pas de moi alors ?! »

   Kyros repoussa avec détermination et violence la main d’Elwë, puis bondit hors de son lit avant de la laisser le temps de réagir. Dans son élan, il s’arrêta net devant la porte. La possibilité de s’enfuir s’offrait à lui, ici et maintenant. Mais il était en colère contre Elwë, contre sa lâcheté, contre le monde qui l’avait abandonné et la fuite n’était pas une solution convainquant. Il tourna légèrement le regard et vit Talhim calé contre le mur. Une osmose se produit alors entre le maître et l’Anima.

    « Kyros. Il est temps de régler tes comptes avec le monde. Utilise-moi. »

   Elwë se raidit lorsqu’elle vit le bras de Kyros avancer en direction de l’épée, le poing prêt à saisir l’arme. Et lorsqu’elle entendit le grincement du métal quand la lame quitta son fourreau qui retomba au sol, son visage devint plus grave, plus rogue, mais avec une pointe d’inquiétude dans les yeux.

  « Kyros… Tu n’as pas intérêt à…- »

   Elle esquiva de justesse son élève qui lui avait foncé dessus, l’arme flamboyant à la main. Cette fois, il ne trancha pas joliment le lit en deux mais l’avait littéralement explosé de par la vitesse de frappe et l’étrange poussé d’adrénaline qui venait de monter en lui. La poussière volait de partout après que le choc ait fait trembler la maison. Elwë était perdue. Voir ce chaos lui rappelait les fois où Kyros lui avait accidentellement cassé ses affaires et meubles. Mais là, c’était différent ; cette destruction avait été faite par sa volonté. La silhouette de Kyros sortit des débris et traversa la poussière ; ce n’était plus son protégé qu’elle voyait.

   Les sourcils extrêmement froncés, les dents serrés et les pupilles dilatées, la rage défigurait le visage de Kyros. Elwë pâlit en le voyant ;  son cœur se serra davantage dans sa poitrine à mesure que l’image qu’elle avait de Kyros disparaissait face à ça.

  « Tiens… C’est étonnant de te voir comme ça ! Je vois que tu n’es pas habitué à ce que l’on te traite de la sorte ! Haha… Je comprends maintenant pourquoi tu me martyrisais de la sorte. C’est plutôt amusant… ! »

  « Kyros. Arrête ça tout de suite. Jouer le méchant ne te va pas. »

   Le jeune fou tiqua. Elwë avait rapidement masqué la crainte qu’elle avait. Elle le fixa à présent avec dureté et froideur, déterminée à ne pas se laisser dominer par quelqu’un qui avait l’illusion d’être en colère. Talhim se senti indigné, insulté que cette femme ne se soit pas encore agenouillé devant Kyros. Peut-être qu’il devrait davantage déverser sa colère sur elle. Il pensa alors à augmenter encore plus l’état émotionnel de Kyros, quitte à dépasser les limites.

  « Talhim…! Ne fais pas ça !  »

  « Si ! Fais-le ! Elwë n’a pas encore décidé de me respecter ! »

   Il cria cet ordre haut et fort tout en serrant davantage le manche de l’épée. Ce haussement de ton fut teinté d’une violence qui fit sursauter l’âme même de Talhim, et s’il avait eu un bras et que Kyros le tenait, il aurait certainement eu très mal.

   Tout en fermant les yeux et affichant un sourire malveillant aux lèvres, Kyros attendit de sentir la puissance de la colère monter en lui. Après le sentiment de l’abandon,  ce besoin de la rage, de sortir de lui-même lui avait octroyé un désir immense de poser son empreinte sur  cette terre. Quelque soit les méthodes qu’il allait utiliser, il allait prouver qu’il existait. De toute façon, il était maintenant trop tard pour reculer.

   Kyros s’apprêta à sauter sur Elwë. Mais il s’arrêta, surpris, les yeux écarquillés comme s’il avait soudainement eu le souffle coupé. Sa respiration venait de s’accélérer de plus en plus et son cœur se mit à battre la chamade. Il avait chaud, extrêmement chaud. Il crut  son sang bouillir à l’intérieur de lui. Ses muscles le lâchèrent comme s’ils avaient fondu, le faisant poser un genou à terre. La sueur commençait à perler son front, sur son corps entier. Il n’aimait pas cette sensation désagréable qui l’étouffait. Il se mit à trembler, à respirer bruyamment comme une bête, à vouloir tout casser dans l’espoir d’être apaisé. Mais les forces semblaient lui manquer. Où était donc passée toute cette adrénaline qui lui aurait permis de soulever des montagnes ?

   Il vit Elwë s’approcher de lui avec une démarche prudente. Qu’allait-elle lui faire ? Kyros la fixait avec des yeux humides. Elle même lui rendit son regard et dès qu’elle fut proche de lui, elle donna un coup de pied à la main de Kyros qui lâcha l’épée qu’il observait glisser au sol jusqu’à toucher le mur en le percutant, tout comme Kyros percuta le sol en s’évanouissant.

**********

    « Comment… j’en suis arrivé là… ?... »

   Deux boules lumineuses semblables à des flammes soutenues dans les airs apparues devant Kyros. Une était rouge et chaude, l’autre bleu et froide. C’étaient les manifestations spirituelles de Talhim et Kel’Sar.

    « Qu’est-ce qui cloche chez moi… Vous pouvez me le dire ? »

   Les deux esprits restèrent silencieux.

    « Pourquoi vous ne me dites plus rien ? Je vous fais peur maintenant, c’est ça ? »

    « Arrête, Kyros. Ne recommence pas à t’énerver. »

    « Et tu oses me dire ça ? C’est toi qui a augmenté ma colère !»

    « Je sais mais… »

    « A cause de toi, j’aurai pu tuer quelqu’un !!»

  « Kyros ! Arrête ça maintenant ! Tu n’as pas à rejeter la faute sur Talhim sous prétexte que tu sois incapable de prendre des décisions et émotions par toi-même. Mon frère et son pouvoir ne sont pas à blâmer. Nous sommes des esprits qui habitent des Armes Bestiales et tu es notre maître. Nous sommes là pour te suivre et Talhim et moi n’avion jamais essayé de te manipuler et encore moins avec nos pouvoirs puisque ces pouvoirs sont sous tes ordres. Si tout ceci est arrivé, c’est seulement à partir de ta propre volonté. »

    « Qu’est-ce que tu en sais ?... Qui te dit que je n’ai juste pas voulu imiter Talhim et sa colère ?... »

    « Pourquoi imiter un coléreux comme moi ? Tu n’as jamais osé te rebeller contre Elwë et ce n’est pas en m’imitant que tu allais franchir la ligne.  »

  « Tu t’es peut-être laissé emporter après que Talhim ait exprimé son envie de rébellion et je sais que tu peux penser que, encore une fois, tu as fait ça en suivant quelqu’un. Mais ce sentiment de vouloir laisser une empreinte dans ce monde venait-il de Talhim ou de toi ? »

   Quelque chose s’éveilla alors dans la conscience de Kyros. Il avait laissé échapper cette pensée qu’il laissait passer et qui  disparaîtrait dans ses rêves irréalisables.

  « C’est peut-être peu, mais il t’arrive de penser par toi-même et ainsi d’avoir des souhaits, des envies. Mais tu ne peux pas t’en rendre compte puisque que tu ne cesses de te dénigrer et d’oublier que tu es un humain sentimental comme il en existe des milliards sur Velinoria.»

    « Tu prétends que le monde t’a abandonné. Et tu prétends que toi-même tu t’es abandonné. Pourtant, tu veux prouver que tu es capable. A Elwë comme à toi. Et à moi aussi d’ailleurs. Je dois avouer qu’au début, je ne te pensais pas capable de donner des ordres. C’est toi seul qui a voulu faire en sorte qu’Elwë te respecte et donc prouver ta place dans ce monde.»

  « Dans beaucoup de tes faits et gestes, tu as l’impression d’être dépendant de tous. Mais si tu y réfléchis plus profondément, tu peux trouver des éléments qui peuvent prouver quelques manifestations de ta part.»

    « Kel’Sar qui paraît plus optimiste et Talhim qui essaie de m’encourager ? Ça fait drôle de vous voir comme ça. »

   Pour la première fois de la journée, Kyros sourit avec sincérité et sérénité. Il n’était plus en proie à la dépression ou au sentiment d’abandon. Notamment grâce à ses Animas qui tentèrent malgré leur terrible influence de redonner confiance à leur maître. La route allait être longue pour arriver à surmonter le passé, mais si Kyros ne décidait de ne jamais se battre…

  Il ne fallait plus y penser. Si Talhim et Kel’Sar le pensaient capable de croire en lui, il fallait qu’il le leur prouve. Et ça, Kyros le décida du fond de son cœur.



**********


   Kyros reprit peu à peu connaissance. En se réveillant, il ne reconnut pas sa chambre et nageait un court instant dans le brouillard avant de reconnaître celle d’Elwë et son lit sur lequel il était allongé. Celle-ci par ailleurs se tenait à son chevet, assise sur une chaise. Elle l’accueillit avec un regard dur, l’air de dire qu’elle attendait une quelconque explication. Pour Kyros, la plus simple et la plus évidente aurait été de dire qu’il a pété un câble et qu’il a utilisé le pouvoir de Talhim pour tout casser. Mais ça, elle le savait déjà et elle attendait sûrement une explication plus profonde.

    « Désolé... »

   Elwë se leva de sa chaise et s’apprêtait à partir mais Kyros enchaîna.

    « Désolé si nous avions perdu huit années à cause de moi. J’imagine que tu as du comprendre assez vite que tu n’allais pas m’aider en continuant à me materner. J’aurais certainement continué à te suivre, à t’obéir, à t’admirer. C’était justement ça qu’il fallait que tu empêches. En y repensant, j’ai peut-être mérité de me faire crier dessus. Je n’avais pas réalisé à quel point j’étais dans l’erreur. Je compte bien travailler dur maintenant et quitter ta maison à tout jamais pour prouver que tu as été le meilleur mentor que ce monde m’a permis d’avoir. »

   Sans se retourner, Elwë alla ouvrir la porte de sa chambre. Mais avant de sortir, elle se tourna finalement vers son protégé et le regarda toujours avec un regard dur, mais pas noir. La seule nouveauté qui surpris agréablement Kyros était le léger sourire sur son visage.

    « Pour rembourser le lit que tu as cassé, ne compte pas sur moi pour te nourrir ce soir. »

    « Pas grave. Je ferai la cuisine moi-même. »

   Elwë ferma les yeux et fit un hochement de tête discret. Les yeux clos, son air sévère disparu, laissant place au sourire qu’elle avait. Kyros crut un instant revoir la Elwë du passé. Puis elle rouvrit les yeux et s’en alla.

   Le jeune homme secoua la tête après être revenu dans le présent. Il scrutait autour de lui et ne vit pas Talhim et Kel’Sar qui étaient probablement restés dans sa chambre.


   Le passé ne peut être changé. Un passé imprégné de son manque de confiance. Mais à présent, il n’allait pas laisser cela se reproduire. Le passé aura toujours un impact sur le présent mais Kyros comptait bien être maître de son présent pour que, lorsqu’il ne sera plus que passé, il n’ait plus à avoir de regret de ne pas avoir agi. De plus, il comptait également retrouver, par n’importe quel moyen, certains éléments qu’il avait perdu, toujours dans son passé ; à savoir l’estime de soi, sa famille comme tel et non comme modèle, le sourire durable d’Elwë et sa volonté de devenir un jour un grand Anima.


Dernière édition par Kyros Lombardi le Jeu 2 Juil - 17:28, édité 26 fois
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MessageSujet: Re: Présentation de Kyros   Mar 19 Mai - 20:11

Coucou Cachouchou, encore bienvenue ici .. dans ce qui est aussi ta maison .. ton foyer.

- Concernant ton Anima, on a déjà commencé la conversation par sms, et on la poursuivra ce soir à n'en pas douter, mais comme je sais qu'il n'y aura aucun souci et qu'on finira par s'entendre, je te propose tout de suite ton test rp. Tu le feras une fois la section : Anima + Pouvoir remplie.

Le voici :

¤¤ Cela va concerner ton entraînement en tant qu'Anima. J'aime beaucoup le concept de la division de ta personnalité, qui sera en accord avec le style de ton Anima .. superbe idée. Je dis pas cela car j'utilise aussi une division entre Ombre & Lumière, que je nomme Clair-Obscur, mais parce que ce genre de concepts permet de développer un rp plus profond, et fouillé dans certains domaines, et je trouve cela fort intéressant.

Comme je te le disais .. ton rp va consister en un truc tout simple. Tu as ton cristal désormais. Mais .. quel entraînement auras tu subi ? Comment auras tu acquis la maîtrise de ce pouvoir, comment n'auras tu pas succombé à la séparation totale et irréversible des deux parties de ton âme ? Qu'est ce qui a fait que tu as su rester maître de toi-même, tout en étant divisé ( é - car ton perso est masculin si j'ai bien compris. Je m'adresserai donc à toi, en tant qu'élément masculin mdrrrr toutes mes excuses au passage )

Je te propose ceci. Raconte moi ce qui t'est arrivé, à partir du moment où tu as eu ton cristal, jusqu'à la renconter d'un éventuel maître, mentor etc .. J'aimerais savoir si tu as su te forger seul ( Kyros ), ou si tu as rencontré quelq'un qui a su t'apporter ce qu'il fallait, au bon moment, pour ne pas que tu franchisses le point de non retour. ¤¤

Si quelque chose n'est pas clair à tes yeux, n'hésite pas .. il se pourrait que je sois trop ..... obscur dans mes propos. Dis moi si tout est ok de ton côté ou si tu as besoin de précisions. Smile

Bon courage

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MessageSujet: Re: Présentation de Kyros   Dim 28 Juin - 4:13

F.I.N.I.E. !

Prez finie ! cheers

Bon, je sais.... Vu l'heure à laquelle j'ai posté, il doit probablement y avoir des étourderies Embarassed

Mais j'avais envie de poster au moment où je l'ai fini ^w^ Je ferai quand même une relecture après avoir fait dodo ;p
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Lalibela Temn'Ishuvala
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MessageSujet: Re: Présentation de Kyros   Dim 28 Juin - 10:21

Coucou Cachou Smile

Voilà, j'ai lu ta prez. Bah écoute, c'est un très joli travail. Je vois que tu as su t'appliquer pour faire quelque chose de propre et abouti. Ce qui m'aura marqué, c'est l'évolution, et le combat psychologique livré par ton personnage. Je trouve que c'est très bien fait.

Je te valide officiellement, et j'ai hâte de lire tes posts dans l'event ^^

Gros bisous à toi Smile

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