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 La complainte de Gnome

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MessageSujet: La complainte de Gnome    Dim 24 Mai - 23:18

Comment a-t-on pu en arriver là ? Voici une question que je me pose depuis le jour où j’ai ouvert les yeux sur ce monde. Je n’en pouvais plus de regarder cet environnement de fer et d’acier toute la journée. Heureusement que comparé à d’autre ville, Eteroth avait su garder une certaine architecture d’époque sinon cela ferait bien longtemps que j’aurais abandonné ce lieu même au prix de perdre ma place. Toutes ces machines aussi bien volantes que roulantes … Jusqu’où ces fous de scientifique iront pour nous couper de la nature ? Je n’ai pas perdu espoir ! Je sais qu’un jour je parviendrai à rendre la raison à notre Empereur … de gré ou de force si il le faut. Et si celui-ci de se daigne pas à se résoudre au changement … il faudra le remplacer.

Qu’il est délicat de cacher ses véritables convictions aux yeux de tous mais fort heureusement pour moi, j’ai toujours été doué pour ce genre de chose. Les rares personnes qui auraient pu révéler mon appartenance à l’Ancienne Sagesse Azenorienne ne sont malheureusement plus de ce monde pas forcément par ma faute, je tiens à vous le signaler. Je ne peux pas dire que cela me plait de jouer sur deux fronts mais je n’ai pas le choix, je ne pouvais me résoudre à abandonner ni mes idéaux, ni mes privilèges ; et puis mon influence au sein de l’Empire pouvait jouer en notre faveur.

Ces dernières semaines avaient été éreintantes, je ne savais pas ce qu’il se passait mais on aurait dit que ce début des fortes chaleurs avait eu le don de cramer certain neurone dans la tête des Azenoriens … Je n’ai pas eu une seconde de répit et enfin j’avais eu le droit à une journée de repos. Ce n’était pas du luxe et je comptais bien en profiter pour partir loin de tout ce boucan et de cette vision d’horreur, et franchement niveau odeur ce n’était guère plus agréable. Comment le Seigneur Qintarah peut-il accepter cela ?

Je ne perdis pas de temps et me rendis dès mon réveil en direction de la forêt d’Azenor, seul lieu que je considérais encore comme étant sein et libre de toute influence néfaste. Malgré la forte réticence que j’avais dans ce genre d’appareil, je me vis dans l’obligation de prendre cette horrible capsule qui même si étant en mon unique possession restait pour la plupart du temps à croupir au fond de mon magnifique garage qui d’ailleurs qui était réservé. A peine m’étais-je installée à l’intérieur que je ressentais une gêne m’envahir … Bouh je me sentais vraiment étouffer dans cette coquille métallique, le seul point positif c’est qu’on y restait jamais bien longtemps.

Par respect pour la sérénité de ce lieu sacré, je pris la peine d’arrêter cette abomination à une dizaine de kilomètres de la forêt avant de continuer mon chemin à pied. Cela faisait le plus grand bien de marcher un peu dans le calme en voyant la forêt se rapprocher au gré de nos pas.


-Je refuse de voir un jour cet endroit tomber au profit de la folie humaine ! Tant que je serai là, je m’efforcerai de maintenir cet équilibre !

A peine foulé le pied dans l’orée de la forêt que je me sentis littéralement revivre, les sons des créatures qui vivaient ici et les essences qui se dégageaient, offraient une véritable renaissance. Pour le coup j’avais vraiment besoin de me détendre et avant d’entamer une quelconque promenade autour du sentier, je voulais me ressourcer et pour ça il n’y avait pas trente-six mille solutions. A force de m’aventurer ici, je connaissais cet endroit mieux que ma poche, en coupant à travers les arbres, il me fallut que deux minutes pour atteindre le lac que dissimulait la forêt. Un lac recouvert de pétales et reflétant exceptionnellement la flore environnante.

Alors que je m’approchais de celui-ci plusieurs animaux vinrent à ma rencontre pour plus grand plaisir, je les connaissais pour la plupart mais j’étais ravi de voir à chaque fois de nouvelle tête, même ceux pour qui je n’étais qu’inconnue n’était pas hostile envers moi alors qu’habituellement ils se montrent très agressif envers les humains qui s’approchent trop près de leur territoire. Il ne faisait aucun doute qu’ils parvenaient à ressentir les intentions des hommes. J’en caressai une bonne moitié avant de me diriger au bord du lac.

Il n’y avait bien évidemment personne mais … c’était étrange qu’il ne soit pas là, ne m’aurait-il pas entendu arriver ? Lui qui est toujours le premier à venir vers moi. J’espérais qu’il ne lui était rien arrivé. Inutile de m’inquiéter, il savait très bien se défendre seul. Sans perdre de temps, je retirai mes vêtements un à un avant de plonger dans l’étendue translucide. Que cette sensation m’avait manqué … quoi qu’un peu fraiche, cette eau était connue pour son extrême pureté dans tout l’Empire … une reconnaissance qui n’empêchait pas certain de convoiter ce lieu pour en faire le cœur technologique de l’Empire en y construisant je ne sais quelle absurdité.

Les yeux clos … j’attendais profiter de ce moment pendant des heures et des heures mais il semblerait que le destin en avait décidé autrement.

- Kassandrâ ! Kassandrâ ! Entendis-je au loin

Cette voix, enfin il avait pris son temps pour venir. Lui qui me narguait en disant qu’il pouvait faire le tour de toute la forêt en une minute. Sans même que je l’aperçoive, il se posa sur mon épaule.

-Tu as pris ton temps, Bard.

Bard était un albatros qui avait été utilisé par les laboratoires de recherches de l’Empire pour un projet visant à considérablement augmenter les capacités des différentes créatures habitant sur notre territoire et de les utiliser à des fins militaires en les contrôlant grâce à je ne sais trop quel gadget. J’étais parvenus à en sauver quelqu’un sans me faire repérer mais en ce qui concerne ce jeune albatros, je n’ai pas pu le libérer à temps et il a subit de nombreuse transplantation qui lui ont permis d’apprendre à parler et de booster ses capacités de vol et ses talents intellectuel. Nous sommes depuis ce jour-là restés très proche.

-Désolé Kassandrâ mais nous avons un problème, deux hommes ont pénétrés dans la forêt peu de temps avant toi, ils semblent être à la recherche d’une plante mais ont déjà tué cinq animaux avec une étrange arme. Nous avons besoin de toi !

Ce genre d’accident était plutôt fréquent ces temps-ci … pourquoi diable avaient-ils besoin de s’approvisionner ici. Voici bien le genre d’homme que je haïssais … ceux qui se croient tout permis et au-dessus de toute autre espèce, j’en avais assez ! Peut-être qu’au bout du compte, ils se rendront compte que venir en ce lieu avec des intentions mauvaises n’est pas la meilleure des idées et j’allais leur montrer personnellement.

- Amène-les par ici, je vais offrir à ces hommes un jugement digne de leurs péchés.

-J’y vais de suite !

Encore une fois, je ne le vis même pas décoller !

-Franchement … pourquoi faut-il que j’ai la responsabilité de mettre fin à tant de vie insipide ? Quel gâchis !

Il ne fallut pas longtemps pour que des bruits perçants viennent rompre l’harmonie de ce lieu. Il semblerait que mon petit albatros soit parvenu à bien les énerver, il devait leur en falloir peu. Ni une ni deux, il reprit la place qui était la sienne sur mon épaule avant de se pencher légèrement vers moi, une fleur au bec.

-Ils arrivent et tiens, voici la fleur qu’ils avaient en leur possession.

Je la pris dans la main mais cette fleur ne me disait vraiment rien et étant donné que je ne savais pas du tout à quoi elle pouvait bien servir, je la posai juste derrière moi sur un rocher.

-Ou il a pu passer ce maudit piaf ?

A oui, il les avait bien énervés. Alors que je savais qu’ils allaient arriver, je ne pris ni la peine de sortir de l’eau ni de détourner la tête. La dernière chose que je voulais c’était bien de voir leur visage.

-Ici ! Perçus-je juste derrière moimais il y’a quelqu’un !

Bard repris son envol avant de tourner en cercle juste au-dessus de nous.

-Et bien, voilà notre jour de chance, ce piaf nous a amené à un véritable trésor.

Je les entendais ce rapprocher de moi, dissimulais sous l’eau, j’activai partiellement le pouvoir de mon bracelet afin de faire apparaître mon gantelet droit. La représentation des tables de lois se mit alors à scintiller, signe que leur débâcle avait déjà sonné même si ils l’ignoraient encore. A ce moment-là, de nombreux animaux sortirent des fourrées pour venir attaquer les deux intrus. Par réflexe, les deux hommes rechargèrent leur arme, prêt à tirer sans la moindre hésitation.

-Ne bougez plus !

Ils s’immobilisèrent alors comme si ils étaient devenus incapable de bouger. Ils ne purent alors riposter et tous les animaux s’en donnèrent à cœur joie.

-Vous auriez pu choisir meilleurs propos pour vos dernières déclarations messieurs, ce sera le seul souvenir que ce monde aura de vous. Je ne désire même pas voir vos visages au bord du déclin étant donné que je ne vous considère même plus comme des hommes. Soyez jugé par la Mère Nature elle-même que vous désirez corrompre.

Je ne voyais aucune raison de me salir les mains moi-même, autant laissé la sainte mère obtenir sa propre vengeance. Leur cri de douleur couplé aux rugissements des fauves était un doux chant comparé aux sons de leur machines mais cela fait du bien que cela s’arrête… Je n’osai imaginait ce qu’il pouvait rester d’eux au vue des mâchoires ensanglantés des animaux qui venaient s’abreuver après ce festin.
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MessageSujet: Re: La complainte de Gnome    Mar 26 Mai - 14:18

« Elle a posé sa fleur,
Caressant son bel oiseau,
Sans remords, ni peur,
Tel un poisson frayant sous l’eau.

¤¤

Son pouvoir aidant,
Avec l’aide de ses amis,
Justice elle rendit,
Toujours d’un cœur aimant… »


¤¤¤¤¤

Il avait observé tout la scène, perché sur sa branche. Rien ne lui avait échappé, et grattant les codes de son instrument, il jouait le rôle qu’il affectionnait par-dessus-tout. Celui de Ménestrel, barde, de vagabond musicien chantant ce qu’il voyait, humait, entendait, sans oublier les spectacles auxquels il assistait. La question de son talent faisait débat. Sûrement car il ne se prenait pas au sérieux, estimant qu’il préférait divertir, que s’enorgueillir.

Il aimait chanter la beauté, et poser des mots, des vers, sur les sentiments qui l’animaient. Comment rester sourd, muet, quand tant de grâce pouvait lui faire face ? Jamais il ne reculait lorsqu’il s’agissait de prodiguer de merveilleux compliments à de possibles amantes.

La personne qu’il avait observée, il la connaissait bien. Kassandrâ. Une pure beauté en Azenor. Combien de prétendants auraient souhaité se damner pour ne passer qu’une nuit à ses côtés. Ishbaâhl connaissait par cœur le parfum qui embaumait ses cheveux, son corps, les huiles qui servaient à l’enduire rendant sa peau si douce et parfumée. Combien de vers avait-il composé sur sa beauté ? Ses yeux ? Ses charmes n'étaient plus à vanter.

Ishbaâhl était un vagabond. Philosophie, musique, voilà ce qui lui plaisait. Loin des fastes de la cour, avec une notion du devoir bien à lui, les sombres intrigues politiques l’ennuyaient à mourir. Il ne lui plaisait guère d’assister à ce genre de manifestations interminables, où la vie d’un être vivant se résumait à une pièce d’or, une couronne, quelques privilèges bien futiles. Il avait à cœur de défendre les citoyens de tout Azenor, et pas seulement les défenseurs de l’Ancienne Sagesse, ni même ceux préférant la Nouvelle. Chaque être vivant lui importait à part égale. Même ces porcs dirigeant l’Empire vers l’impasse.

Ishbaâhl parcourait tout le pays, armé de son Oud, son instrument, qui jamais ne le quittait. Ce dernier devait toujours se trouver à proximité, afin de pouvoir lui permettre de déclamer quelques vers en musique. C’est ainsi qu’il voyait la vie. Il avait été quelque peu écarté de et par la Cour de l’Empereur, car ses opinions bien tranchées, clairement à contre-courant de ce qui se faisait alors, lui attiraient les foudres de la noblesse Azenorienne. Cette dernière étant vendue au progrès, à la science, et à cette nouvelle oligarchie qui se mettait en place petit à petit, il se portait bien mieux depuis qu’il pouvait voyager plus librement.
Cependant, il détenait toujours son rang S, en tant que Stellari, et pour cause, ces derniers demeuraient possesseurs de leurs armures jusqu’à la mort, et personne n’avait encore eu l’audace, que dis-je, la folie, de s’en prendre là lui. Ishbaâhl était un Stellari bien mystérieux. Peu de gens connaissaient son pouvoir, ses réelles compétences, mais après tout, était-il arrivé à ce niveau par hasard ?

Il tapota sa pipe contre la branche sur laquelle il était assis, afin de la remplir d’herbe. Il rangea son Oud dans son dos, et descendit de son perchoir, pour saluer Kassandrâ.

« Alors ma grande, nostalgique ? Besoin de se mettre au vert ? C’est que tu les attires comme des mouches, les gredins. Tu devrais penser à changer de parfum. »

Ishbaâhl lui fit un sourire de connivence, accompagné d'un petit mouvement du coude contre son bras. Son regard se porta sur le lac, et soudain, son humeur se fit maussade.

« Dire que depuis les Jours Sombres, notre pays a tellement changé. Tous n’ont d’yeux que pour le progrès, et cherchent une fuite en avant, sans se soucier de leurs racines, de ce qu’ils vont perdre, et le jour où ils se réveilleront, il sera trop tard. Le chemin parcouru sera si grand, que la peur n’en sera que trop paralysante. Cet Empereur détruit les fondements de notre civilisation. Combien de temps durera notre sursis, avant que subissions le même sort ? Combien de temps Kassandrâ ? ».

Ishbaâhl alluma sa pipe longiligne, recrachant une bouffée. Il aimait cet arôme, subtil mélange de fleurs, de caramel et de feuilles, Kassandrâ, quant à elle, semblait fortement songeuse. Quelles étaient les pensées qui traversaient son esprit ?!?!
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MessageSujet: Re: La complainte de Gnome    Mar 26 Mai - 19:19

Un sourire se dessina sur mes lèvres au gré de la mélodie qui se faisait entendre au loin. On ne pouvait mieux résumer la situation, c’est toujours plaisant d’être au centre d’une composition aussi bien ficelée. Une chose retint tout particulièrement mon attention … Sans remords ni peur ? Si seulement ça pouvait être vrai. C’est peut-être ce que je laisse paraître mais au fond de moi … mon cœur est submergé de regret. Je sais pertinemment que tous mes actes, personnel ou professionnel, engendrent des conséquences que même moi je ne peux soupçonner. Tous les jugements que j’ai rendus était-il véritablement fondés ? Chaque mort dont je suis responsable n’aurait-elle pas pu être évité sans remettre en cause la sécurité de l’Empire ? Tant de question que je me posais tous les jours mais aucun fragment de réponse me permettait de sortir de cette spirale infernale.

Quelle ironie, et dire que j’étais venue ici justement pour me purifier de toute ces interrogations qui me hantent et voilà que l’on a la brillante idée de me les remettre sur le devant de la scène. Il semblerait que peu importe où je me rends, mes responsabilités me rattraperont toujours.

-Kassandrâ ! Tu as entendus ? Réclama Bard en se posant de nouveau sur mon épaule.

-Hein ? Non voyons tu sais très bien que je suis sourde comme une taupe.

-Euh on ne dit pas sourde comme…

-Roh mais tais-toi, c’était pour voir si tu suivais. Evidemment que j’ai entendu cette belle aria.

-Aria ?

-Je me doute que tu n’as pas du entendre ce genre de mots dans le laboratoire …

-Tu es si calme … dois-je te rappeler qu’il y’a quelqu’un qui nous observe ? Je n’ai pourtant pas ressenti sa présence et les animaux ne réagissent même pas non plus.

-Ça ne m’étonne pas. Il n’y a que deux possibilités soit cet homme est venue ici sans aucune intentions néfastes soit il parvient très bien à les dissimuler ce qui ne m’étonnerait guère de la part d’un Stellaris de Rang S. Lui répondis-je en sortant délicatement de l’eau.

- Un Stellaris de Rang S ? S’agita-t-il.

-Cependant … j’opterai plus pour la première proposition.

Sans même prendre le temps de me sécher, je me rhabillai, très partiellement, en prenant uniquement la tunique rouge que je portais à l’aller. Loin de moi l’intention d’accueillir mon invité en tenue d’Eve. Lorsque celui-ci descendit de sa branche, Bard quitta mon épaule pour tourner un peu autour du Ménestrel. Je n’avais pas encore la chance de lui apprendre les bonnes manières mais bon ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus ; son rôle n’était pas de guider les pèlerins en manque de verdure mais de protéger cette forêt !

Gracieusement, je répondis à son salut d’une légère révérence comme j’avais l’habitude de le faire en présence des personnes que je respectais, ce qui était plutôt rare il fallait le dire.


« Alors ma grande, nostalgique ? Besoin de se mettre au vert ? C’est que tu les attires comme des mouches, les gredins. Tu devrais penser à changer de parfum. »

Il ne croyait pas si bien dire le bougre mais je n’aime pas qu’on parle de nostalgie … Cela signifie juste que le passé c’est le passé et qu’il n’y aucun moyen d’y remédier, c’est faux ! Je ne regrette pas le passé, je pense au futur, rien de plus ! Je ne suis pas du genre à rester stoïque entre le marteau et l’enclume en attendant de me faire écraser non ; je préfère profiter de cet endroit en me disant que bientôt, une grande partie de l’Empire d’Azenor ressemblera à ça. Suis-je juste une pauvre folle optimiste ? Je n’espère pas … je compte bien mettre en place tous les moyens nécessaire pour arriver à mes fins.

-Ishbâal je présume ? Même si nous n’avons pas eu beaucoup la chance de nous côtoyer, j’ai entendu parler de toi, en bien comme en mal d’ailleurs mais je ne suis pas du genre à me fier aux opinions des autres. Je suis navré de t’accueillir en une telle tenue mais je ne m’attendais vraiment pas à rencontrer une personne digne d’intérêt ici.

Je posai tout naturellement mon regard sur les restes des deux hommes qui étaient venue importuner l’équilibre des lieux. Les charognards n’allaient pas tarder à débarquer pour débarrasser cet endroit de ces carcasses ensanglantés.

-Qui sait ? Peut-être que faire venir ces insectes à moi fait partie de mon fardeau. Après tout, n’est-ce pas les fleurs elles-mêmes qui émanent ce doux parfum pour attirer les butineurs jusqu’à elle juste pour pouvoir rependre sa semence. C’est un peu mon cas également, j’attire tous les fumiers à moi pour pouvoir les décimer moi-même, je ne suis plus à une mort après tout et puis Azenor ne s’en portera que mieux.

Pourquoi est-ce que je devais lui raconter ça alors que je le connaissais à peine … Il risquait de tout faire gâcher si il décidait de raconter ce que je viens de dire à notre Empereur … Pourtant, j’avais étrangement l’impression que je pouvais lui faire confiance, alors c’est vrai, la musique adoucit les mœurs.

« Dire que depuis les Jours Sombres, notre pays a tellement changé. Tous n’ont d’yeux que pour le progrès, et cherchent une fuite en avant, sans se soucier de leurs racines, de ce qu’ils vont perdre, et le jour où ils se réveilleront, il sera trop tard. Le chemin parcouru sera si grand, que la peur n’en sera que trop paralysante. Cet Empereur détruit les fondements de notre civilisation. Combien de temps durera notre sursis, avant que subissions le même sort ? Combien de temps Kassandrâ ? ».

Cet homme … Intriguant, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit ce genre de personne. Nous partagions la même vision de ce monde, je n’avais vraiment pas l’habitude de rencontrer ce genre de personne hors Ancienne Sagesse Azenorienne. Peut-être pourrait-il nous rejoindre d’ailleurs, ce ne serait pas de refus d’avoir un allié Stellaris au sein de l’ordre. Je levai mes yeux vers le ciel alors qu’un vol de colombe passa juste au-dessus de nous. Je restai silencieuse pendant de longue minute, complétement perdu dans mes esprits. Combien de temps ? …Combien de temps ? Ce n’est même pas une question que l’on peut poser étant donné que ce sursis comme il l’appelle entrainera un bouleversement radical, j’en étais persuadé !

-Peu importe ce qu’ils peuvent penser, on ne peut oublier ses origines éternellement, du moins tant qu’il en reste une trace ! Voilà pourquoi nous nous battons, nous autres partisans de l’Ancien Azenor, pour raviver les souvenirs. Je suis parfaitement consciente que la guerre civile a engendré une scission complète entre nos deux croyances mais je reste convaincu qu’un fil rouge les relie encore même si aucun des deux n’en est conscient. J’ai pour ma part la chance de partager la vision des deux côtés, enfin peut être vraiment parlé de chance ? Je suis juste contrainte de faire semblant de vivre heureuse dans ce monde technologique qui nous dépasse tous. Je suis effrayé tous les jours de voir la gaieté dans les rues d’Eteroth… toute ces personnes qui ne se doutent pas ou leur folie va les mener. J’ai encore … oui j’ai encore l’espoir de pouvoir changer l’opinion publique mais ma place au sein de l’Empire m’empêche de prendre moi-même la parole en public. J’ai dû choisir entre la liberté et l’influence et on m’a obligé à choisir l’influence… une chose est sûre je ne m’attendrais vraiment pas à en arriver là où j’en suis aujourd’hui. Diriger à la fois la section juridique et l’ensemble des Stellaris en même temps que de constamment chercher un moyen d’augmenter l’influence de l’Ancienne Azenor dans les grands villes de l’Empire ; et moi qui espérer avoir une vie de famille, c’est pas gagné.

Je repris mon souffle et en profita pour rediriger mon regard vers le lac.

-Quant à l’Empereur … il pense agir pour le bien de notre nation mais il n’est pas trop tard pour lui ouvrir les yeux… Tu vas sans doute me dire que je suis bien trop optimiste mais je refuse de perdre espoir ! Je sens que mes propos commencent à l’atteindre et même si il ne se doute pas de mon double jeu avec l’ancien Azenor, je ferais en sorte que ni la forêt, ni Kel’Theran ni les vestiges de Sareth ne tombe entre les mains de ceux qui se prétendent de la nouvelle Azenor. Ces bastions continueront à préserver notre culture quoi qu’il en coute. Ce sursis nous permettra de nous reconstruire mais pour cela, des sacrifices sont malheureusement nécessaire.

J’avais, au fil de mes propos, complétement oublié tout ce qui m’entouré comme si j’étais rentré dans mon propre subconscient. Je me tournai alors vers Ishbâal tandis que mon visage était devenu plus froid qu’auparavant.

-Sinon Ishbâal, qu’est ce qui t’amène dans la forêt ?
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MessageSujet: Re: La complainte de Gnome    Mar 26 Mai - 20:41

Kassandrâ semblait profondément habitée par ses convictions, et son visage se ferma très rapidement après avoir entamé sa tirade. Son corps ruisselait encore de gouttes par centaines, et la petite robe (la redoute) qu’elle venait d’enfiler collait parfaitement à son corps sculptural, à ses courbes magnifiques. Ses seins parfaitement dessinés au travers de sa robe laissaient espérer une folle nuit d’ardents désirs.

Ishbaâhl, profitant du sérieux de la situation, toussota légèrement, et tira une bouffée sur sa pipe, faisant rouler son œil en coin, espérant profiter du spectacle incognito. Il put se régaler tout à loisir, en observant ce corps parfait, endurci par l’entraînement. Rêvassant quelques instants, observer cela lui donna quelques idées.

Il tendit sa pipe à Kassandrâ, avant qu’elle ne finisse sa tirade, la prenant par réflexe, car trop absorbée par son discours, très intéressant au demeurant. Il saisit son Oud, et gratta légèrement ses cordes, pour ne pas déranger la belle sirène qui se trouvait à ses côtés.
« kofff..koff.. koff. »

« Par monts & par vaux,
J’écume villes & villages,
Marchands & éleveurs de veaux,
Se grattent le visage … »

Ishbaâhl se gratta la tête, puis le menton, puis l’oreille droite, pour finir le nombril.

« C’est pas très bon tout ça. Je suis sûr que je peux faire mieux » dit-il pour lui-même, tout bas.
« Je me balade entre tes seins,
Et je sens frémir entre mes reins,
La douce mélodie de la joie,
Ô mon dieu, combien de fois ? »


Ishbaâhl, perplexe, se gratta la tempe. C’était vraiment mauvais.

Il s’y reprit une fois encore. Celle-ci serait forcément la bonne. Par chance, Kassandrâ ne semblait pas avoir entendu, et Ishbaâhl cherchait encore l’accord parfait.

« Laisse-moi pénétrer ton âme,
Ô fière & maternelle Azénor.
Que vienne vite la mort,
A ceux qui brûlent tes charmes. »


¤¤¤

« Sans une once de remord,
Pour celui que le froid mord,
Fais taire pour toujours et à jamais,
L’écho de ses pleurs étouffés. »


Un ange passa, avant que Kassandrâ ne demande à Ishbaâl ce qu’il faisait dans le coin. Encore imprégné de ces quelques vers à la gloire de l’Ancienne Azenor, ce dernier répondit pourtant dans la foulée.

« De rumeurs en colportages, j’ai fini par atterrir ici. Je prenais un peu de repos, profitant du somptueux cadre de cette forêt, quand j’ai entendu ce qui se passait. Avant cela, j’ai suivi le fil de rumeurs, prétendant que quelque chose se tramait contre la capitale. J’ai voulu vérifier quelques petites choses de mon côté. Les choses bougent, et le fossé se creuse chaque jour davantage, et cela prendra bientôt de telles proportions, que la guerre civile éclatera de nouveau, faisant de nouveaux blessés, morts, affaiblissant davantage cet empire. La vérité est que bien que je sois à l’écart, tout cela m’inquiète profondément. Je prends mes distances avec le faste de la cour, mais le peuple souffre. L’argent, les denrées, tout est gaspillé. Certains villages n’ont même plus accès à l’eau. Les inégalités se creusent à un point, que cet empire si magnifique jadis, n’est plus que l’ombre de lui-même. Peut-être est-il temps pour nous d’agir. Unir tous les Stellaris autour d’un même projet, autour de mêmes idées, pour redresser notre Empire, car de toute évidence, l’élite n’est pas intéressée pour le faire.

Honte à moi, mais pour sauver mon pays, j’ai presque pensé à faire appel à l’extérieur, mais cette occasion serait trop bonne pour ces chiens de nous envahir et nous réduire en esclavage. Quelle est donc la solution ? Quel avenir pour nous ? »


Ishbaâhl reprit sa pipe des mains de Kassandrâ. Il tira une, puis deux, puis trois bouffées. L’humour était le dernier rempart contre le désespoir, mais pour combien de temps ?!?
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